Des couleurs à la fois douces et acidulées, des silhouettes qui se déforment et s’évaporent... Les photographies de Paul Rousteau sortent de l’habituel et c’est tant mieux ! Foisonnante, son oeuvre révèle un regard nouveau qui ne cherche plus la représentation du réel mais celle d’un monde qui nous est invisible. Entre figuration et abstraction, réalité et rêve, Paul Rousteau recherche, expérimente et ouvre un champ nouveau à la photographie, pour le plus grand bien de nos yeux. Un processus créatif à la frontière de la peinture que l’artiste nous partage l'occasion de cet entretien !

Portrait de Paul Rousteau

Pourriez-vous vous présenter? 

Je m’appelle Paul Rousteau, je suis photographe à Paris, depuis dix ans et j’ai 35 ans à présent. J’ai grandis en Auvergne dans une école alternative. Après mon école alternative en Auvergne, je suis allé dans une école d’art en Belgique et ensuite dans une école de photo en Suisse, où j’ai été diplômé il y a dix ans. 
En photographie, je photographie un peu tous les secteurs, que ce soit dans l’art ou dans les magazines, dans la mode, les natures mortes ou dans l’architecture. J’essaie d’avoir une vision commune autour de la couleur et du monde sensible. 

Très souvent dans vos différentes séries, vos objets, portraits, subissent des modifications: étirement, distorsion, usage du flou.. Cela crée de nouveaux motifs qui s’éloignent de la réalité. Ces déformations servent-elles à mettre en avant un élément dont nous ne ferions pas spécialement attention à première vue ? Pouvez-vous nous expliquer votre recherche artistique et votre manière de procéder? 

En fait, ces déformations sont faites pour tordre le réel. Mon constat était qu’un appareil photo enregistrait le réel et le montrait trop objectivement. Et moi, j’essaie de voir justement ce qu’il y a derrière le réel, donc, tous les mondes invisibles: ses déformations et tous ses effets. C’est moi qui essaie de casser le réel, de transformer mon appareil photo pour qu’il me montre autre chose que ce réel. 
Le monde d'Hermès
Le monde d'Hermès
Harper's Bazaar I
Harper's Bazaar I
Parfois, vos motifs sont si étirés que les couleurs du fond et les sujets photographiés se mélangent et tendent à se fondre. Cela crée une œuvre abstraite et devient presque picturale. Pourriez-vous nous en dire quelques mots?

Justement, ce rapport au réel déformé tend vers l’abstrait effectivement. J’aime bien cette notion, vraiment, entre rêve et réalité. Le moment juste où on va s’endormir avant, où les choses deviennent très bizarres et où on ne sait plus si on est dans le réel ou l’abstraction, ou dans le rêve ou dans la réalité. Et dans mes photos, c’est vraiment ce point que je recherche. Je ne cherche pas la réalité, je ne cherche pas le rêve non plus, je cherche vraiment ce point entre les deux. 
Experimentation de fleurs
Experimentation de fleurs
Harper's Bazaar I
Harper's Bazaar I
Nous avons donc remarqué votre goût pour la couleur associée à une lumière vive. Elles viennent très souvent prendre le pas sur les sujets photographiés et notamment dans vos portraits. Qu’est-ce qui vous plaît dans l’usage de la couleur dans votre travail de photographe? Pourriez-vous nous expliquer comment faites-vous pour faire intervenir cette couleur dans votre processus de création ? 

Alors la couleur, c’est mon impression première. C’est ce que je vois dans la nature. C’est vraiment ce qui m’attire et qui me donne de l’émotion. C’est ma palette de base. Quand je reçois une commande, dès que j’ai un travail, c’est comme si c’était mon point de départ. Et c’est une façon de la travailler, de la révéler et de la montrer telle que je la vois. Mais ce n’est pas quelque chose que je travaille beaucoup, c’est quelque chose d’assez instinctif.
Laetitia Casta
Laetitia Casta
Le monde d'Hermès
Le monde d'Hermès
Vous avez travaillé pour de grands magazines et des marques renommées. Comment cela se passe-il? Avez-vous carte blanche à chaque fois pour réaliser ces commandes? 

J’ai beaucoup de commandes pour les magazines et pour les marques. Pour les magazines, c’est souvent carte blanche mais pas tout le temps. Et pour les marques, ca dépend. Souvent il y a des briefs quand même et il y a des impératifs commerciaux à montrer. Mais tout ça, ce sont des discussions. Comme ils m’appellent et veulent ma vision, il y a des choses qui peuvent se bouger. Parfois, il y a des scriptes très précis que je réalise très précisément. Donc c’est variable. 
Carte postale fleur pour Guerlain
Carte postale fleur pour Guerlain
Carte postale fleur pour Guerlain
Carte postale fleur pour Guerlain
Quelles sont vos inspirations dans votre processus créatif ? 
Alors mon inspiration est très large. Il faut pouvoir s’inspirer de tout: d’un film, d’une peinture, d’un moment, d’un sourire, d’une lumière. Il faut juste être ouvert. C’est être dans cet état où tu peux recevoir les choses et tu peux en trouver. La dessus, c’est quand même assez large. 
Eurythmie
Eurythmie
Eurythmie
Eurythmie
Malgré la situation, avez-vous des projets? 

Malgré la situation, j’ai pas mal de commandes, encore. Mais dans un niveau peut être un petit peu plus lent. Et ce qui est très appréciable. Là je prépare une exposition en plein air à la Défense. Je travaille aussi pour des marques comme Hermès ou Petit Bateau. 

Portrait de Meryem Aboulouafa
Portrait de Meryem Aboulouafa
Christine & The Quees
Christine & The Quees
Série Fleurs de Paris
Série Fleurs de Paris
Retrouvez l'ensemble des photographies de Paul Rousteau sur son site internet !
https://www.paulrousteau.com
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